Peter Moore, le papa de la Air Jordan 1, était plus qu’un simple designer

disparition-de-peter-moore-le-pere-de-la-air-jordan-1 (couv)

Peter Moore nous a quittés. Les réactions suite à son décès témoignent de son importance dans l’histoire de la sneaker. Son statut de légende est loin d’être usurpé. On a souvent trop tendance à résumer son travail à celui de « designer de la Air Jordan 1. » C’est extrêmement réducteur. Pour saisir la dimension du personnage, je vous propose de retourner dans les années 80. Vous verrez qu’il ne s’est pas contenté de dessiner la AJ1. Son rôle dans l’essor du modèle dépasse ce que l’on pourrait croire.
Peter Moore était bien plus qu’un simple designer. L’homme voyait large sans pour autant être un expert du marketing comme Sonny Vaccaro et Rob Strasser. Lui avait bien saisi que l’objectif était de tout révolutionner. Sa création devait être une des chevilles ouvrières du projet. Moore se mit dans l’esprit de créer une chaussure de basketball avec laquelle le meilleur joueur du monde pourrait jouer. L’ambition était de concevoir une sneaker qui n’avait jamais été vue auparavant. La difficulté fut de trouver le bon dosage car la Air Jordan 1 devait répondre aux exigences techniques du numéro 23 des Chicago Bulls.
A l’aube des eighties, l’écrasante majorité des baskets est blanche ou noire. La création d’une paire unique passait par des couleurs lui permettant de se démarquer de la masse. Peter Moore choisit de briser les codes en optant pour celles des Chicago Bulls, celles du diable selon Michael Jordan. Il développa l’idée d’un coloris « home » et d’un autre « away. » Aujourd’hui, c’est complément banal. A cette époque, l’idée était novatrice. Avoir 2 colorways à vendre, cela demeurait bon pour le business. Ce n’est pas Rob Strasser qui nous contredira. La Nike Dunk alias la College Color High répondait au même concept : un coloris représentant une université pour que les fans d’un club omnisports puisse se l’accaparer.
Peter Moore connaissait l’importance d’un logo. Jusqu’à ce que Nike ne le contacta, il évoluait en tant que graphiste freelance. Après son recrutement, Rob Strasser lui confia l’élaboration d’affiches. Il aida l’ex-Blue Ribbon Sports à développer son image de marque. Ce travail lui valut d’être promu directeur de la création. Sans ce parcours, le logo « Wings » n’aurait pu voir le jour. Moore connaissait mieux que quiconque l’importance du branding. Une fois le nom « Air Jordan » soufflé par David Falk validé, le designer s’attela à bosser sur le logo. L’inspiration lui vint au cours d’un voyage en avion. Il eut un déclic en voyant les ailes de poitrine sur le t-shirt d’un enfant. Le concept du vol, l’insigne du pilote d’avion, le ballon de basket, tous les éléments collaient. Peter Moore ne laissa rien au hasard. Pourquoi le Wings se situe t-il sur le col de la cheville ? Pour le rendre visible au maximum et ainsi imprimer les esprits.
En 1987, l’histoire entre Peter Moore et Nike touchait à sa fin. Un autre challenge l’attendait chez le géant bavarois. Le futur boss de la gamme Adidas Equipment voulait partir sur une note positive. No Bullshit ! Ainsi, il décida de travailler sur un nouveau logo correspondant à l’évolution de Michael Jordan. A ses yeux, le Wings était devenu beaucoup trop enfantin. A partir d’une photo où MJ semble effectuer un dunk les jambes écartées, Moore développa le Jump Man. Bien que la Jordan 2 ait été un échec commercial, les bases des prochains succès étaient là. Tinker Hafield n’avait plus qu’à polir le joyau.
La disparition de Peter Moore laisse un vide immense. Sans lui, la ligne Jordan ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Nous avons la certitude que son héritage perdurera. Signe du respect qu’il inspire, les hommages de ses pairs (Steven Smith, D’Wayne Edwards…) pleuvent depuis l’annonce de sa mort. Moore a révolutionné le poste de designer. Ce n’est pas pour rien que Jacques Chassaing, le créateur de la gamme Adidas ZX, le considère comme son mentor. Le natif de Cleveland a rejoint le firmament. De là où il est, ce dernier veillera à ce que personne ne saute au-dessus du Jumpman.

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Sources : Slam Online, La Times, USA Today, Footwear News & New York Times

Photos : @madebyjase

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