le pire scandale de l’histoire du sneaker game ?

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L’affaire Zadeh Kicks dispose de tous les ingrédients d’un excellent documentaire Netflix. Une ascension fulgurante suivie d’une chute vertigineuse. Michael Malekzadeh qui croule sous les dettes se déclare en faillite. Ce dernier fournissait un tas de collectionneurs et de resellers. Les pertes subies sont colossales. Un resseller a déclaré à Complex avoir perdu 500000 dollars. Cette histoire illustre les dérives d’un sneaker game devenu hors de contrôle. L’absence de régulation amène des individus à prendre des risques inconsidérés. Un boursicoteur averti applique un bon vieux principe : investir uniquement l’argent qu’il est prêt à perdre. A l’image d’un parieur sûr de sa mise, une personne peut rapidement basculer dans l’irrationnalité.
Comment en est-on arrivé là ? A la base Michael Malekzadeh est passionné de sneakers. L’Américain écoule les invendus de boutiques sur ebay. Cet activité l’aide à nouer de solides relations pour monter un business encore plus lucratif. Il fonde Zadeh Kicks en 2013, une structure spécialisée dans la vente d’éditions limitées. Le recours au backdoor lui permet de satisfaire ses clients qui peuvent sécuriser leur paires via des pré-commandes. Ce système se révèle être d’une redoutable efficacité. Elles connaissent une croissance exponentielle atteignant ainsi le montant de 100 millions de dollars en 2021.
Le backdoor a ses limites. Malekzadeh doit chercher de nouvelles sources d’approvisionnement. La plateforme de revente Stockx devient l’un de ses pourvoyeurs. Il finit par figurer parmi ses meilleurs acheteurs. Pourquoi un business si florissant (en apparence) s’est il cassé la figure ? L’entrepreneur a recours à des avances de fonds. Compte tenu du taux d’intérêt très élevé, ce type de prêt s’avère dangereux. Des commerçants en arrivent à emprunter juste pour rembourser les dettes. Malekzadeh s’enfonce dans un cercle vicieux. Des zones d’ombre subsistent mais une chose est certaine : plusieurs de ses clients se retrouvent aujourd’hui sur le carreau.
Les comparaisons avec Bernard Madoff vont bon train. On évitera un tel rapprochement puisque rien ne prouve la mise en place d’un procédé visant à escroquer les gens. En plus, aucune charge ne pèse sur lui à l’heure actuelle. Vendre des baskets que l’on est pas certain de pouvoir fournir qui plus est dans des quantités faramineuses, constitue le péché originel. Malekzadeh n’est pas l’unique responsable de ce scandale. Il est partie prenante d’un système devenu fou. Le fait que bon nombre de releases soient inaccessibles amène le consommateur lambda à recourir à ce genre de service. Une prise de conscience s’avère indispensable. Jusqu’à quand continuera-t-on à accepter de surpayer une paire ? La frustration fait partie de la vie. Un « L » à une raffle n’est pas la fin du monde. L’offre n’a jamais été aussi abondante. En faisant un effort, il est possible de trouver chaussure à son pied. Cet affaire doit servir de leçon à ceux qui perçoivent la sneaker comme le nouvel eldorado. Je pense aux plus jeunes qui répondent aux sirènes de l’appât du gain facile. Reseller est vrai métier, ça ne s’improvise pas. Penser qu’on va devenir millionnaire en vendant des Adidas Yeezy ou des Nike Off White, est un doux rêve. Enfin, les marques devront un jour ou l’autre prendre leur responsabilité. C’est elles qui possèdent les clés du problème. Essayer de contrer les bots est insuffisant. Ouvrir un peu plus les vannes ne ferait de mal à personne surtout en cette période de fortes chaleurs.

Photo de la couverture : Todd Cooper/Eugene Weekly

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